Par Amaury Chaume, fondateur de Tabnet. Publié le .
Le site en abonnement a des avantages réels : pas de grosse dépense au départ, l'hébergement et la maintenance compris, un seul interlocuteur. Quand il y a une mauvaise surprise, elle vient presque toujours du contrat, pas du site. Voici les sept points à lire avant de signer, avec la question précise à poser pour chacun.
1. La durée d'engagement
Beaucoup de contrats engagent sur 24, 36 ou 48 mois. Pendant cette période, vous payez même si le site ne vous convient plus ou si votre activité change. Regardez aussi ce qui se passe à la fin : certains contrats se renouvellent automatiquement pour une nouvelle période si vous ne les dénoncez pas à temps.
Point d'attention particulier : la location financière. Dans ce montage, le contrat est transféré à un organisme de financement. C'est à lui que vous devez les mensualités, même si le prestataire qui a fait le site ne répond plus. Lisez qui est votre cocontractant.
Si le contrat a été signé hors de l'établissement du vendeur (chez vous, sur un chantier, lors d'un démarchage), qu'il n'entre pas dans le champ de votre activité principale et que vous employez 5 salariés au plus, vous disposez en principe d'un délai de rétractation de 14 jours (article L221-3 du Code de la consommation).
La question à poser : « Quelle est la durée d'engagement, le contrat se renouvelle-t-il seul, et avec qui est-il signé ? »
2. La propriété du site et du nom de domaine
Ce sont deux choses différentes. Le nom de domaine, c'est votre adresse (votre-entreprise.fr). S'il est enregistré au nom du prestataire, il peut le garder à la fin du contrat, et vous perdez une adresse que vos clients connaissent. Pour un .fr, l'annuaire Whois de l'Afnic permet de vérifier qui en est titulaire.
Le site, c'est le design, le code et les textes. Dans beaucoup d'abonnements, vous n'en avez qu'un droit d'utilisation : quand vous arrêtez, le site s'éteint.
La question à poser : « Au nom de qui est enregistré le domaine, et qu'est-ce que je récupère à la fin : les fichiers du site, le domaine, rien ? »
3. Le coût total sur toute la durée
Une mensualité paraît toujours légère. Multipliez-la par la durée d'engagement, puis ajoutez les frais de mise en service, les options (pages en plus, adresses e-mail) et une éventuelle hausse annuelle prévue au contrat.
Exemple en chiffres ronds : 69 € HT par mois pendant 48 mois, plus 300 € de mise en service, font 3 612 € HT. Ce n'est pas forcément trop cher : tout dépend de ce qui est compris. Mais c'est ce montant qu'il faut comparer à un site acheté une fois, auquel on ajoute l'hébergement de chaque année.
La question à poser : « Combien vais-je payer au total, tout compris, jusqu'à la fin de l'engagement ? »
4. La résiliation
Lisez les conditions de sortie avant les conditions d'entrée. Préavis, forme exigée (souvent une lettre recommandée), date limite avant l'échéance : un oubli peut vous engager pour une année ou une période de plus. En cas d'arrêt anticipé, certains contrats prévoient de payer tout ou partie des mensualités restantes.
Demandez aussi ce que deviennent vos adresses e-mail si elles sont liées au contrat : les perdre du jour au lendemain peut coûter plus cher que le site lui-même.
La question à poser : « Comment et quand puis-je résilier, combien cela coûte-t-il, et que deviennent mon site et mes e-mails ? »
5. Les modifications
« Modifications illimitées » ou « mises à jour comprises » peut vouloir dire beaucoup de choses. Un changement d'horaires, oui. Une nouvelle page, une nouvelle rubrique, une refonte après deux ans ? Pas toujours. Le délai compte aussi : une promotion ajoutée trois semaines trop tard ne sert à rien.
La question à poser : « Quelles modifications sont comprises, combien par mois, dans quel délai, et combien coûte le reste ? »
6. Le contenu : textes, photos, avis
Qui écrit les textes, et à qui sont-ils ? Les photos viennent-elles de vos chantiers ou d'une banque d'images dont la licence appartient au prestataire ? Dans le second cas, elles disparaissent avec le contrat. Et vos propres textes, pouvez-vous les récupérer dans un format réutilisable ?
Des textes identiques d'un client à l'autre sont aussi un mauvais signe : Google n'a aucune raison de mettre en avant une page qu'il a déjà vue ailleurs.
La question à poser : « Les textes sont-ils écrits pour moi, et puis-je récupérer textes et photos si je pars ? »
7. La performance du site
Un site lent ou mal affiché sur téléphone fait fuir les clients, quelle que soit la formule. Avant de signer :
- demandez des exemples de sites déjà en ligne, et ouvrez-les sur votre téléphone ;
- testez-les avec PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google qui mesure la vitesse ;
- demandez qui a accès aux statistiques de visite et à la Search Console de Google.
Méfiez-vous enfin des promesses de « première page garantie » : aucun prestataire ne décide du classement de Google. Il peut expliquer ce qu'il met en place, pas garantir un résultat.
La question à poser : « Pouvez-vous me montrer trois sites réalisés récemment, et à quoi aurai-je accès pour suivre les visites ? »
Les 7 points en un coup d'œil
| Point | Ce que le contrat doit dire clairement |
|---|---|
| 1. Engagement | La durée, le renouvellement, le nom du cocontractant |
| 2. Propriété | Le titulaire du domaine, ce que vous récupérez à la fin |
| 3. Coût total | Le montant cumulé jusqu'à la fin de l'engagement, options comprises |
| 4. Résiliation | Le préavis, la forme, le coût d'une sortie anticipée |
| 5. Modifications | Ce qui est compris, le délai, le prix du reste |
| 6. Contenu | Qui possède les textes et les photos, et comment les récupérer |
| 7. Performance | Des exemples en ligne et un accès à vos statistiques |
Abonnement ou achat : comment trancher
L'abonnement convient à celui qui ne veut aucune dépense au départ et compte faire modifier son site très souvent, à condition que le contrat réponde clairement aux sept points. L'achat convient à celui qui veut être propriétaire de son site et payer moins sur la durée. Dans les deux cas, la bonne décision se prend contrat en main, pas sur le prix affiché.
Le choix de Tabnet
Tabnet a choisi de ne pas vendre d'abonnement : le site se paie une fois, puis il vous appartient. Le nom de domaine est enregistré à votre nom. Domaine et hébergement sont offerts la première année, puis facturés 75 € par an. Vous pouvez arrêter à chaque échéance annuelle, avec un mois de préavis : dans les 15 jours qui suivent votre demande, Tabnet vous remet sans frais les fichiers de votre site et le code de transfert de votre domaine. Les corrections sont incluses jusqu’à 30 jours après la mise en ligne. Ensuite, chaque modification est facturée 45 €.
Pour les prix de création, voyez la page Formules et prix, ou le guide Combien coûte un site internet pour un artisan ?